DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> Indépendance et Paix pour Le peuple Sahraoui: Sahara: La situation se complique

Indépendance et Paix pour Le peuple Sahraoui

jeudi, novembre 09, 2006

Sahara: La situation se complique


La bonne nouvelle est que l’ONU, à travers la résolution adoptée par le Conseil de sécurité, prolonge la mission de la Minurso jusqu’au 30 avril 2007. La mauvaise est que les Américains haussent le ton et s’impatientent devant le retard pris par le Maroc pour présenter sa proposition de plan d’autonomie.
Pour ne rien arranger, le CORCAS prend sérieusement l’eau. Une évolution particulièrement malvenue puisque le CORCAS était censé représenter la volonté du régime d’associer les Sahraouis à l’élaboration du plan d’autonomie.Un non-événement, la résolution votée par le Conseil de sécurité des Nations Unies qui prolonge le mandat de la Minurso au Sahara occidental ? Voire. S’il est vrai que tous les 6 mois, nous avons droit à quasiment la même résolution, il convient de noter que cette fois, la patience des alliés américains semble s’épuiser. C’est d’abord John Bolton lui-même qui a manifesté son courroux devant le blocage du processus. L’homme a été nommé ambassadeur à l’Onu pour traquer les inefficiences du “machin”. Les centaines de millions de dollars engloutis par la Minurso sans résultat visible à l’horizon sont exactement le genre d’affaire que devait régler ce républicain pas très modéré. Alors, il a élevé le ton. Si la Minurso ne permet pas de trouver la solution, alors on doit y mettre fin. C’est bien là une marque de fabrique de l’administration Bush. Risquer le chaos, provoquer la crise pour résoudre le problème. Pas de Minurso veut dire probabilité de fin de cessez-le-feu et donc conflit armé. Confrontées à cette éventualité, les parties impliquées feront peut-être l’effort qu’il faut pour trouver une solution, semble penser l’ami Bolton. Manque de sérieuxLa question est donc : qui aura le plus à perdre du départ de la Minurso ? Le Maroc qui peut redevenir un pays en guerre au moment où l’économie s’ébranle laborieusement ? Le Polisario qui peut perdre le soutien de l’Algérie si conflit armé il y a ? La question reste posée même si la médiatisation du conflit ne peut qu’attirer l’attention de l’opinion publique internationale. Une évolution qui le change du confort dans lequel il se trouve avec l’appui des gouvernements français, espagnol et, dans une certaine mesure, américain. Justement, le départ de James Baker avait été décrit comme une victoire par la diplomatie marocaine. Celui-ci, d’abord perçu comme pro-marocain, s’était impatienté devant le manque de sérieux de la proposition d’autonomie présentée officieusement par la Maroc. La nomination de John Bolton n’avait rien pour rassurer. L’ambassadeur des Etats-Unis aux Nations Unies est un produit Baker. Il a d’ailleurs été son collaborateur lorsque celui-ci s’occupait du dossier du Sahara. C’est donc nourri des frustrations de son mentor qu’il perçoit le dossier. Des frustrations essentiellement dues au sentiment que le Maroc ne remplit pas sa partie du contrat. Le Maroc a milité avec succès pour mettre en avant une solution politique. C'est-à-dire une solution qui offre la possibilité d’une large autonomie et écarte l’hypothèse de l’autodétermination. Si les Américains, les Espagnols et les Français ont pu appuyer la solution de l’autonomie, il leur a été impossible d’écarter le principe d’autodétermination puisque celui-ci est un des piliers de la charte de l’ONU. En fait, tout l’exercice consistait à présenter un plan d’autonomie honorable de façon à permettre aux alliés du Maroc de forcer la main aux récalcitrants. Or, ce plan d’autonomie n’a toujours pas vu le jour, ce qui les met en mauvaise posture. D’où l’ire de Bolton. Selon des sources diplomatiques, le retour en force de James Baker auprès de l’administration Bush ne serait pas étranger au durcissement de ton des américains. C’est un autre diplomate américain qui a exprimé ce sentiment de frustration avec le plus de fermeté. William Brencick est le représentant du gouvernement américain auprès d’un organisme affilié à l’ONU, l’ECOSOC. Mercredi 1er novembre, il a déclaré qu’une solution durable “tardait à venir” et que “les Etats-Unis s’inquiétait du fait que le conflit bloquait l’intégration régionale et le développement économique de la région”. Il a aussi demandé aux “parties de faire les compromis nécessaires et de faire preuve de flexibilité” et demande instamment au Maroc de “rapidement tenir ses nombreuses promesses de proposer un plan d’autonomie global et crédible”. Notez le “nombreuses” et le “crédible”. Le message pour le Maroc est clair : “Vous n’avez pas tenu vos promesses et votre plan doit être crédible cette fois-ci”. Ces admonestations arrivent à un moment particulièrement délicat pour le régime marocain. Lorsqu’au printemps de l’année dernière Mohammed VI avait décidé de réactiver le CORCAS, le message transmis à l’opinion internationale était que le Maroc avait besoin de temps et de mettre à contribution les Sahraouis eux-mêmes pour proposer un plan tenable. Comportement despotiqueUne sorte d’argument démocratique pour justifier le retard pris. Patatras, le CORCAS est aujourd’hui dans de beaux draps. Le présdient de la commission des droits de l’Homme du CORCAS lui-même fustige la gestion des droits de l’Homme par l’Etat marocain dans le Sahara occidental. Mieux, Houcine Baïda n’hésite pas à signer l’acte de décès du CORCAS et de fustiger le fonctionnement de l’organisme. En ligne de mire, le comportement despotique de son président Khelli Hanna Ould Errachid qui se fait d’ailleurs très discret ces derniers temps. Et dire que le Maroc se félicitait que son allié français avait réussi, contre l’avis des quatorze autres membres du Conseil de sécurité, à éliminer toute mention de la situation des droits de l’Homme dans le Sahara Occidental dans la résolution reconduisant la mission de la Minurso.

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